Auteur/autrice : Lodela

  • L’instant d’éternité

    L’instant d’éternité

    L’âme ne se situe ni du côté du bien ni du mal tels que l’homme les conçoit. Elle n’évalue pas, ne juge pas, ne moralise pas. En elle, il n’existe qu’un principe de vie : plein, fertile, rayonnant. Ce principe n’entre en rivalité avec rien. Il n’a pas d’opposé.

    Lorsque l’homme s’enferme dans une vision morale du monde, divisée entre le bien et le mal, il se coupe de cette vie intérieure. Il commence à classer, hiérarchiser, mesurer : les êtres, les états, les chemins, et finalement lui-même. Là où la vie est un flux, il introduit une structure rigide. Et la souffrance commence.

    Dans cette logique, beaucoup entrent dans une recherche spirituelle avec une attente erronée. Ils cherchent des signes, des expériences, des manifestations visibles. Et lorsqu’il ne se produit rien de spectaculaire, ils concluent qu’ils sont “petits”, “insuffisants”, “pas encore prêts”. Cette autocritique n’est pas anodine : elle a un effet direct sur les énergies.

    Car chaque moment d’ouverture, de méditation ou de prière élève réellement les énergies, même si rien n’est perçu consciemment. Mais lorsque, aussitôt après, l’homme se juge inférieur ou incapable, ces énergies retombent brutalement dans le plexus solaire. Elles ne peuvent alors plus être utilisées spirituellement. Elles se transforment en surcharge émotionnelle.

    C’est ainsi que, croyant évoluer, l’homme renforce parfois ce qu’il voulait dépasser : nervosité, irritabilité, agitation, désir, frustration. Il confond ce déséquilibre avec une transformation intérieure. C’est une erreur. Ce mouvement ne conduit pas à l’âme, mais à un enfermement plus profond dans la personnalité.

    Dans tout acte d’ouverture au divin, une vigilance est nécessaire. Il ne s’agit pas de forcer, ni de se juger, mais de porter les énergies haut, dans un état de confiance et de paix. La méditation ne doit pas s’interrompre brutalement lorsque l’on revient au monde. Elle doit se prolonger intérieurement, même quelques instants.

    L’image est simple : une flèche ne peut être lancée violemment vers le ciel pour retomber aussitôt dans la terre. Elle doit être tirée avec calme, stabilité et confiance. Si la confiance en soi fait défaut, alors il faut s’appuyer sur la confiance en la présence divine intérieure. Ce n’est pas un effort de volonté, mais un abandon à une force plus vaste.

    Lorsque la méditation est juste, l’état atteint ne disparaît pas immédiatement. Il se prolonge dans la vie ordinaire : dans la parole, dans le regard, dans l’action. D’abord quelques minutes, puis plus longtemps. Chaque fois que cet état est maintenu, même brièvement, un pas réel est accompli dans la conscience.

    Et à force d’additionner ces pas, sans se juger, sans se mesurer, un changement d’état s’opère. C’est ce changement qui ouvre l’accès à cet instant d’éternité où l’âme peut être reconnue, approchée, et finalement vécue comme une évidence.

  • L’initiation

    L’initiation

    L’initiation ne consiste pas à se retirer du monde pour se transformer en silence, puis revenir transmettre une lumière acquise ailleurs. Elle se vit au cœur même de la vie, dans le monde tel qu’il est, car le monde matériel n’est ni une erreur ni une chute : il est le chemin initiatique de l’humanité.

    Si l’univers a été créé, ce n’est pas pour démontrer que la matière serait une prison, mais parce qu’elle est le lieu où l’homme peut développer son archétype cosmique. Le monde existe comme un terrain d’expériences, d’épreuves et de conscience, et non comme un obstacle à la spiritualité.

    L’initiation ne se limite pas aux temples, aux monastères ou aux pratiques de retrait. Elle se manifeste dans le travail quotidien, les relations humaines, les choix sociaux, les engagements concrets et l’attitude intérieure face aux événements. Chaque instant de la vie est initiatique.

    Un acte simple, vécu avec justesse et respect du vivant, peut ouvrir plus profondément à l’initiation qu’un long isolement spirituel. Les difficultés récurrentes, les obstacles, la pauvreté ou la richesse, les conflits et les rencontres sont les instruments par lesquels l’initiateur agit dans la matière.

    Le monde est ainsi le temple. Lorsqu’il est vécu avec conscience, il n’existe plus de profane. La matière elle-même peut devenir spirituelle, non par sa forme, mais par l’esprit qui l’anime.

    Il n’est pas nécessaire d’attendre d’être parfaitement initié pour agir ou servir. L’évolution commence toujours dans l’inachèvement. En vivant pleinement le monde, en restant attentif aux épreuves et aux relations humaines, l’homme apprend à reconnaître l’initiation là où elle se présente et à devenir progressivement ce qu’il doit être.

    L’initiation est partout, parce que le monde est le chemin.

  • Quand la parole devient puissance

    Quand la parole devient puissance

    Ce que l’on nomme mantra, invocation ou rituel n’agit jamais comme une formule magique répétée mécaniquement. Il ne s’agit pas de mots lancés dans le vide, mais d’un mouvement intérieur qui met en vibration la substance même de l’être.

    L’homme possède en lui une faculté créatrice subtile, souvent appelée mental supérieur. Cette faculté est composée d’atomes qui ne relèvent pas de la matière étudiée par la science, mais d’un plan plus fin, invisible, où l’énergie et l’intelligence sont indissociables.

    Lorsque l’homme invoque, il déclenche une force.
    Il excite ces atomes créateurs.
    Et selon leur degré d’éveil, l’effet de l’invocation ne sera jamais le même.

    Si le plan astral est encore encombré, chargé de conflits non résolus, de désirs confus ou de peurs anciennes, le mantra agit d’abord comme un agent de purification. Il ne donne pas du pouvoir : il met en lumière ce qui doit être rectifié. Il provoque des situations, des épreuves, des prises de conscience destinées à libérer l’énergie captive.

    Chez un être plus avancé intérieurement, cette même invocation peut provoquer une montée de feu, une ouverture des centres de conscience, un accroissement de puissance. Non pas une puissance tournée vers soi, mais une capacité accrue à servir le bien.

    C’est pourquoi un mantra ne possède jamais une efficacité universelle et automatique.
    Il dépend toujours de celui qui le prononce.
    De son degré d’évolution.
    De sa capacité à soutenir l’énergie qu’il appelle.

    Un mantra est à la fois intelligence et énergie.

    On entend souvent cette plainte :
    « J’ai répété ce mantra pendant des années et je n’ai jamais rencontré l’ange. »

    Mais si l’ange ne s’est pas manifesté, c’est peut-être que l’énergie invoquée travaillait ailleurs. Dans l’ombre. Dans les zones de résistance. Dans ce qui devait être défait avant toute rencontre.

    Car toute invocation crée une vibration.
    Une lumière, fragile au départ, dans la substance mentale de la Terre.

    Lorsque cette lumière atteint une certaine intensité, un éclair jaillit vers le plan de l’être invoqué. Mais si celui-ci perçoit que la vibration est encore trop faible, trop instable, il ne peut descendre pleinement sans risquer de brûler le plan mental, puis le plan éthérique de celui qui appelle.

    Alors il n’apparaît pas.
    Il délègue.

    Il envoie des médiateurs : des guides, des influences, des bénédictions. Ces présences ne se manifestent pas toujours de façon spectaculaire. Elles œuvrent dans le quotidien, orientant les événements, provoquant des prises de conscience, préparant lentement l’être à un changement de plan de conscience.

    Ainsi, chaque invocation sincère attire autour de l’homme des forces qui travaillent à son mûrissement intérieur. Ce travail silencieux peut durer longtemps, mais il n’est jamais vain.

    C’est là que réside le véritable pouvoir du rituel, de l’ascèse, de la discipline spirituelle. Même si l’homme n’est pas encore prêt à rencontrer Dieu, l’effort qu’il accomplit appelle des énergies qui accélèrent son évolution. Sans ces instruments, l’humanité aurait besoin d’innombrables vies pour accomplir ce que certaines pratiques permettent de condenser.

    L’évolution ne procède pas de la matière vers l’âme.
    Elle procède de l’âme vers la matière.

    Si l’âme n’est pas invitée à descendre dans la personnalité, celle-ci agit selon les conditionnements de la civilisation, de l’instinct, du milieu. L’âme observe alors, impuissante, une vie qui se disperse sans véritable transformation.

    À travers les expériences de la personnalité, l’âme oublieuse de son archétype se découvre capable d’agir. De créer. De transformer. Et en retrouvant un à un ses pouvoirs, elle se souvient de ce qu’elle est.

    Alors le mouvement s’inverse.
    La roue remonte.

    Et ce qui cherchait Dieu se découvre déjà porté par Lui.

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