L’initiation ne consiste pas à se retirer du monde pour se transformer en silence, puis revenir transmettre une lumière acquise ailleurs. Elle se vit au cœur même de la vie, dans le monde tel qu’il est, car le monde matériel n’est ni une erreur ni une chute : il est le chemin initiatique de l’humanité.
Si l’univers a été créé, ce n’est pas pour démontrer que la matière serait une prison, mais parce qu’elle est le lieu où l’homme peut développer son archétype cosmique. Le monde existe comme un terrain d’expériences, d’épreuves et de conscience, et non comme un obstacle à la spiritualité.
L’initiation ne se limite pas aux temples, aux monastères ou aux pratiques de retrait. Elle se manifeste dans le travail quotidien, les relations humaines, les choix sociaux, les engagements concrets et l’attitude intérieure face aux événements. Chaque instant de la vie est initiatique.
Un acte simple, vécu avec justesse et respect du vivant, peut ouvrir plus profondément à l’initiation qu’un long isolement spirituel. Les difficultés récurrentes, les obstacles, la pauvreté ou la richesse, les conflits et les rencontres sont les instruments par lesquels l’initiateur agit dans la matière.
Le monde est ainsi le temple. Lorsqu’il est vécu avec conscience, il n’existe plus de profane. La matière elle-même peut devenir spirituelle, non par sa forme, mais par l’esprit qui l’anime.
Il n’est pas nécessaire d’attendre d’être parfaitement initié pour agir ou servir. L’évolution commence toujours dans l’inachèvement. En vivant pleinement le monde, en restant attentif aux épreuves et aux relations humaines, l’homme apprend à reconnaître l’initiation là où elle se présente et à devenir progressivement ce qu’il doit être.
L’initiation est partout, parce que le monde est le chemin.

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