Quand la parole devient puissance

Ce que l’on nomme mantra, invocation ou rituel n’agit jamais comme une formule magique répétée mécaniquement. Il ne s’agit pas de mots lancés dans le vide, mais d’un mouvement intérieur qui met en vibration la substance même de l’être.

L’homme possède en lui une faculté créatrice subtile, souvent appelée mental supérieur. Cette faculté est composée d’atomes qui ne relèvent pas de la matière étudiée par la science, mais d’un plan plus fin, invisible, où l’énergie et l’intelligence sont indissociables.

Lorsque l’homme invoque, il déclenche une force.
Il excite ces atomes créateurs.
Et selon leur degré d’éveil, l’effet de l’invocation ne sera jamais le même.

Si le plan astral est encore encombré, chargé de conflits non résolus, de désirs confus ou de peurs anciennes, le mantra agit d’abord comme un agent de purification. Il ne donne pas du pouvoir : il met en lumière ce qui doit être rectifié. Il provoque des situations, des épreuves, des prises de conscience destinées à libérer l’énergie captive.

Chez un être plus avancé intérieurement, cette même invocation peut provoquer une montée de feu, une ouverture des centres de conscience, un accroissement de puissance. Non pas une puissance tournée vers soi, mais une capacité accrue à servir le bien.

C’est pourquoi un mantra ne possède jamais une efficacité universelle et automatique.
Il dépend toujours de celui qui le prononce.
De son degré d’évolution.
De sa capacité à soutenir l’énergie qu’il appelle.

Un mantra est à la fois intelligence et énergie.

On entend souvent cette plainte :
« J’ai répété ce mantra pendant des années et je n’ai jamais rencontré l’ange. »

Mais si l’ange ne s’est pas manifesté, c’est peut-être que l’énergie invoquée travaillait ailleurs. Dans l’ombre. Dans les zones de résistance. Dans ce qui devait être défait avant toute rencontre.

Car toute invocation crée une vibration.
Une lumière, fragile au départ, dans la substance mentale de la Terre.

Lorsque cette lumière atteint une certaine intensité, un éclair jaillit vers le plan de l’être invoqué. Mais si celui-ci perçoit que la vibration est encore trop faible, trop instable, il ne peut descendre pleinement sans risquer de brûler le plan mental, puis le plan éthérique de celui qui appelle.

Alors il n’apparaît pas.
Il délègue.

Il envoie des médiateurs : des guides, des influences, des bénédictions. Ces présences ne se manifestent pas toujours de façon spectaculaire. Elles œuvrent dans le quotidien, orientant les événements, provoquant des prises de conscience, préparant lentement l’être à un changement de plan de conscience.

Ainsi, chaque invocation sincère attire autour de l’homme des forces qui travaillent à son mûrissement intérieur. Ce travail silencieux peut durer longtemps, mais il n’est jamais vain.

C’est là que réside le véritable pouvoir du rituel, de l’ascèse, de la discipline spirituelle. Même si l’homme n’est pas encore prêt à rencontrer Dieu, l’effort qu’il accomplit appelle des énergies qui accélèrent son évolution. Sans ces instruments, l’humanité aurait besoin d’innombrables vies pour accomplir ce que certaines pratiques permettent de condenser.

L’évolution ne procède pas de la matière vers l’âme.
Elle procède de l’âme vers la matière.

Si l’âme n’est pas invitée à descendre dans la personnalité, celle-ci agit selon les conditionnements de la civilisation, de l’instinct, du milieu. L’âme observe alors, impuissante, une vie qui se disperse sans véritable transformation.

À travers les expériences de la personnalité, l’âme oublieuse de son archétype se découvre capable d’agir. De créer. De transformer. Et en retrouvant un à un ses pouvoirs, elle se souvient de ce qu’elle est.

Alors le mouvement s’inverse.
La roue remonte.

Et ce qui cherchait Dieu se découvre déjà porté par Lui.

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